Bonjour et merci d’accepter de répondre à ces quelques questions

Comment as-tu commencé à écrire? Qui te lisait au début ?

J’ai toujours écrit. Enfant déjà j’écrivais des histoires, des poèmes pour mes parents, ma famille. J’aimais être lue. Ensuite mes études, mon travail et ma famille ont fait que le temps m’a manqué : écrire est très chronophage. J’ai repris sérieusement il y a quatre ans pour une autobiographie destinée à mes enfants. C’est cet ouvrage qui n’était pas destiné à être diffusé en dehors du cercle familial qui m’a donné envie de me lancer dans l’écriture de romans. Le premier a été bien accueilli mais davantage par les femmes (qui se sentaient plus touchées) que par les hommes. Le second, un policier, a une diffusion plus large.

Quel est ton genre favori ?

Le genre policier parce qu’il nécessite de nombreuses recherches en amont pour être crédible et cette partie est aussi intéressante que l’écriture elle même.
Sans compter que ça me fait découvrir un monde que j’ignorais et qui est loin de mon quotidien (je suis biologiste de formation et chef d’entreprise depuis 25 ans).

Quel est ton processus créatif ? Qu’arrive t’il avant que tu ne t’essayes à écrire ?

Curieusement, il suffit que je trouve un coin de table et que je puisse étaler mes notes pour me mettre à écrire. Peu importe qu’il y ait ou non du bruit autour de moi ou que je sois dans des lieux différents. Quand j’écris, je disparais dans le roman.

À quelle personne es-tu le plus à l’aise : à la première ou à la troisième personne ?

Ca dépend. En général je privilégie la troisième personne mais mes livres contiennent de nombreux dialogues. J’aime faire vivre mes personnages.

Quels écrivains admires-tu le plus ?

Il y en a beaucoup. Si on commence par les classiques, mon préféré est Alexandre Dumas. Mais je suis plus attirée par la littérature actuelle. J’adore Baudelaire, j’admire Romain Gary. J’ai également beaucoup aimé les premiers livres d’Eric Emmanuel Schmitt, notamment « La part de l’autre » ou « Oscar et la dame en rose » qui m’a fait beaucoup pleurer. J’ai trouvé Amélie Nothomb géniale avec « Stupeur et tremblements » mais ses ouvrages plus récents ne me passionnent pas vraiment. Je lis beaucoup de policiers, par exemple ceux d’Harlan Coben, de John Grisham mais aussi de Dona Leon, d’Elisabeth Georges et, pour citer une française : Fred Vargas. Yasmina Khadra fait aussi parti de mes auteurs préférés. En fait la liste est trop longue pour les nommer tous.

Qu’est-ce qui rend crédible un personnage ? Comment crées tu les tiens ?

Mes personnages doivent être « vrai » avec des sentiments, des qualités et des faiblesses. J’en crée beaucoup dans mes livres. Ils apparaissent souvent au gré de l’histoire sans que je les ai imaginés avant. Certains peuvent par certains côtés rappeler des gens que je croise dans la vraie vie mais aucun n’existe réellement. De plus, je n’aime pas décrire mes personnages. Je veux que les lecteurs les imaginent tels qu’ils voudraient qu’ils soient.

Au plus profond de ta motivation, pour qui écris-tu ?

Je crois que j’écris avant tout pour moi, pour le plaisir de m’évader dans un monde différent que je découvre au fil des pages, même si c’est moi qui le construit.

Les avis (négatifs ou positifs) des lecteurs te servent-ils ?

C’est très important et j’en tiens compte sinon je ne pourrais pas progresser. J’adore être lu donc il faut accepter que certains aiment et d’autre pas. Ce sont les règles du jeu.

Partages-tu tes projets d’écriture avec une personne de confiance afin d’avoir son opinion ?

Je partage peu mes projets d’écriture, enfin en ce qui concerne le fond de l’histoire même si j’aime parler des recherches que je fais avant de me lancer. Une fois que le livre est commencé, je déteste que quelqu’un le regarde avant que je l’estime terminé et corrigé. Ensuite je le diffuse à des parents et des amis qui le découvrent imprimé en A4 et me font part de leurs avis, remarques, corrections … que je prends en compte (ou pas) avant de tenter de le faire éditer.

T’imposes-tu une discipline, en termes de calendrier, d’objectifs etc. ?

J’ai un travail très prenant (je suis chef d’entreprise) et l’écriture est ma seconde vie. Je m’y mets dès que je peux : en vacances, en weekend par exemple. Je réfléchis aussi le soir à ce que j’écrirai dès que j’aurai une minute.

De quoi t’entoures-tu quand tu écris pour favoriser ta concentration ?

J’ai juste besoin de mes notes et de mes documents. J’ai aussi toujours un exemplaire de ce que j’ai écrit pour vérifier l’enchainement et la cohérence de l’histoire. Comme j’ai beaucoup de personnages avec parfois des noms compliqués, il ne faut pas faire d’erreurs.

Écris-tu sur écran, imprimes-tu souvent, corriges-tu sur papier…? Quel processus suis-tu ?

J’écris sur écran, j’imprime souvent et je corrige sur écran et sur papier. Je ne vois pas les mêmes erreurs dans les deux supports.

Quelle a été ton expérience avec les maisons d’édition ?

Comme à peu près tout le monde : on envoie son manuscrit avec beaucoup d’espoir et on reçoit au mieux un courrier de refus au bout de deux ou trois mois. Il y a tellement de livres ! Pourquoi prendraient-ils le risque de publier un auteur inconnu qui n’a pas plus de talent (ni moins d’ailleurs) qu’un autre ? Ce sont des entreprises privées qui doivent assurer leur chiffre d’affaire. Il ne faut pas se décourager, essayer d’autres éditeurs, convaincre. Bref, ça fait partie du métier d’écrivain et ça demande du temps, de l’énergie et la capacité d’accepter l’échec… pour mieux rebondir.

Sur quel projet travailles tu en ce moment ?

Sur un nouveau roman policier qui reprend une partie des personnages du précédent. Ils auront à élucider d’autres affaires et il va se passer de nouvelles choses dans leur vie. Les lecteurs me disent qu’ils veulent connaitre la suite. C’est bon signe.

Le dernier mot est pour toi…

J’ai commencé votre questionnaire en pensant répondre à une ou deux questions et en me disant que je le reprendrais plus tard mais … j’ai tout fait d’un trait. C’était agréable de parler de ce que j’aime tant faire. Ecrire me donne beaucoup de sérénité et me permet de prendre du recul sur le reste de ma vie. Ça me permet apporter aussi un peu de détente et de bonheur à mes lecteurs. C’est sympa une passion qui rend les gens heureux.

Merci de t’être livrée à moi et aux lecteurs